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 Eurydice Iphigénie McDermott

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Eurydice I. McDermott

SLYTHERIN 7th grade
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MessageSujet: Eurydice Iphigénie McDermott   Mer 21 Jan - 2:54



(c)silkstocking


« A l'impossible je suis tenu. »
Orphée, J. Cocteau

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MessageSujet: Re: Eurydice Iphigénie McDermott   Mer 21 Jan - 2:57


    Découvrez Thomas Newman!


    # Identity Card

    Nom: « McDermott. Un nom à coucher dehors, je suis de votre avis. Mais il parait qu'il a une histoire, dans le monde des sorciers. Mais si, vous savez, Alistair McDermott, l'inventeur du sortilège anti verrue... Gloire aux McDermott »

    Prénom(s): « Eurydice, Iphigénie. Pas la peine de vous faire un dessin, il s'agit de deux prénoms tirés de l'antiquité. C'est une tradition, dans la famille de ma mère. D'ailleurs, dans la mythologie, Eurydice et Alceste - ma mère - ont toutes les deux eut la possibilité de quitter les enfers. Les veinardes. »

    Surnom(s): « Eury pour les intimes. Autrement dit pas grand monde. »

    Date & lieu de naissance: « un six février, dans la demeure familiale. Autrement dit, dans l'Ecosse profonde, à Fort William. Avec une famille qui s'appelle McDermott, vous vous attendiez à quoi? »

    Année d'étude: « septième année »

    Maison désirée: « Je veux et j'exige Serpentard. »

    Ascendance (Sang pur/mêlé/d'origine moldue...): :« Sang pur jusqu'au bout de la baguette, mon ami. Et assez fière de l'être, ma foi. J'en suis pas pour autant rendu à détester les sang impurs. »


    # Physique & Attitude

    Physique (8 lignes):
    « Je suis une fille comme les autres, du moins physiquement. Peut être un peu trop grande pour mon âge, vu que je dépasse la plupart des filles que je rencontre... Ce qui explique probablement ma manie de préférer les baskets aux chaussures à talons. Je pense en effet qu'il est inutile de me faire plus grande que je ne le suis déjà. Je ne suis pas du genre à faire attention à ce que je mange, et pourtant, je suis assez fine, une chance pour moi... J'ai une démarche assurée, et quand on me regarde, je me tiens toujours très droite. On m'a déjà dit que j'avais un maintient irréprochable. Mais quand je sens que pas un regard n'est porté sur moi, je suis nettement plus décontractée. Ma démarche est plus lente, plus détendue, et il faut reconnaître que je flâne plus, le regard dans le vide. Oui, c'est vrai, je joue tout sur les apparences. La moindre attitude, chez moi, est calculée, et mes gestes ne sont que rarement dûs au hasard. Je suis persuadée que tout est une question de regard. Mes yeux sont bien souvent la seule parcelle d'expression susceptible de vous laisser imaginer ce que je pense vraiment... Ils sont on ne peut plus banal, au premier regard. Un simple marron. Mais c'est cette expression étrange qu'on y décèle, cette malice qui en met plus d'un mal à l'aise, fait je crois, toute la différence. Que dire de plus, sur moi, si ce n'est que je suis plutôt mignonne, mais bien loin des clichés qu'on se fait des filles attirantes... Plus grande que la moyenne, presque dépourvue de poitrine, capable de vous figer d'un simple regard, j'ai des yeux d'une couleur affreusement rependue, et comme la majeure partie des filles de cette école et du reste du monde, j'ai des cheveux châtains. Je vous l'accorde, j'ai déjà changé de coiffure – et de couleur – un nombre incalculable de fois. Mais il se trouve que c'est ma couleur naturelle qui me plaît le plus... Et puis, les années passants, je me suis aperçue que ces efforts pour plaire aux autres n'en valaient pas la peine. A la fin de ma sixième année, j'étais encore comme ces filles délicates, qui se maquillent, mettent toute leur application à se coiffer à la perfection... Tout cela ne m'intéresse plus. J'avais l'impression de perdre mon temps dans d'effroyables futilités. »


    Caractère (10 lignes):
    « Eurydice est une folle. Le genre de personne qui vous fait prendre conscience de la chance que vous avez d'être... Banal. On dit qu'il n'y a rien de pire que d'être comme tout le monde. Croyez moi, McDermott n'est pas comme les autres, et c'est justement là son plus grand défaut. On sent dans son regard une pointe de malice qui vous glace le sang. On sait tous qu'elle est capable de tout. Reculer n'est probablement pas un mot qui fasse partie de son vocabulaire. Je n'aime pas les frissons qu'elle m'inspire quand elle nous regarde. Quand elle sourit, on la penserait sympathique. Je ne lui ai jamais parlé, alors peut être l'est elle vraiment. Mais ces derniers temps, ses sourires se sont estompés. Je ne sais pas ce qui se passe, mais si Eurydice perd le sourire, alors j'ai peur qu'elle ne s'en prenne aux autres, par simple envie de ne pas être la seule à souffrir. Et alors, nous n'aurons plus de quoi nous réjouir, nous non plus... »
    Allan B. Chesterfield ; Gryffondor

    « Je crois qu'on juge mal cette fille. Après tout, elle est toujours entourée, ça doit bien vouloir dire qu'on l'aime un minimum, pas vrai? Mais je crois qu'Eurydice, c'est l'art et la manière de mettre un sourire derrière chaque phrase. Des répliques acerbes? Un sourire. Des regards assassins? Un sourire... Bien sûr, elle adapte chaque rictus en fonction de la circonstance, et certains regards sont pour le moins... Effrayants. Quand on la voit, il n'est pas dur de deviner qu'on a affaire à quelqu'un de pas facile. Un sacré caractère. Tout un tas d'anecdotes circulent sur elle... Certaines sont vraies, j'en suis certaine. Mais je suis persuadée qu'elle n'est pas aussi mauvaise qu'elle le prétend. Il y a du bon chez elle, il suffit de la regarder quand elle croit que personne ne prête attention à elle. Je ne pense pas qu'elle soit aussi heureuse qu'elle le prétende. »
    Clare D. Webber ; Poufsouffle

    « Eurydice est une battante. Une véritable meneuse. Une bonne élève, ni trop douée ni trop en retard, le genre de personne à ne pas faire parler d'elle en cours. Comme tout le monde, elle a ses points faibles, mais j'ai l'impression qu'elle fait tout pour les enfouir au plus profond d'elle même. Je suppose qu'elle n'assume pas ses lacunes. Et c'est bien dommage. A force de fuir ce dont elle a peur, elle passe à côté de beaucoup de choses... C'est une jeune fille responsable, quoiqu'un peu étrange, il faut l'avouer. Autrefois, il n'était pas rare de la voir entrer dans mon cour entourée de toute une foule d'élèves attentifs au moindre de ses désirs... Mais cette année, je la trouve plus solitaire que jamais. Elle a peut être remarqué que bâtir des relations superficielles ne l'avait mené nulle part... Je suis sûr qu'on entendra parler d'Eurydice, plus tard. Ca se voit, quand on l'entend parler. Elle ne veut pas être n'importe qui. Et ce qu'Eurydice veut, j'ai cru comprendre qu'en général, elle l'obtenait. »
    Denise F. Smith ; Professeur

    « J'ai beau me persuader du contraire, il n'y a pas plus pitoyable que moi. J'ai un esprit incroyablement tordu, qui m'amène à faire des choses dont la plupart des gens aurait honte. Pas moi. J'avance fièrement, qu'importe le regard des gens, la rancoeur que je leur inspire, la douleur que je leur fait subir... Je n'ai jamais eu de remords. Pas le moindre. On m'a dit, une fois, que je n'avais pas de coeur. C'est probablement vrai. Je me sers des autres comme de vulgaires poupées, je suis hypocrite comme personne... Avant, j'étais toujours entourée, aussi. Parce que pour réussir, être quelqu'un, il faut savoir choisir les bonnes relations. Mais je me suis aperçue que ma vie prenait exactement la tournure que j'avais imaginé. Et ça ne m'enchante pas... Où est la surprise? J'ai besoin de quelqu'un qui me sorte de mon lot quotidien. Et mes fidèles caniches n'ont pas su remplir leur rôle, de toute évidence. Alors oui, je suis seule. Parce que je n'ai plus goût à rien, si ce n'est écrire dans ce morceau de carnet qui ne m'a jamais quitté, et qui rassemble tout ce que je suis: une fille perdue. Mais qui continue de se voiler la face, envers et contre tout. »
    Eurydice I. McDermott ; en personne


    Aime/Déteste (8 lignes):
    Signes particuliers & manies:

    # Histoire

    Famille (10 lignes):

    # Dossier

    Baguette Magique: « 25 cm en bois d'acajou, avec un crin de licorne à l'intérieur. Idéale pour les sortilèges, à ce qui parait. Mais ça reste un bout de bois, vous savez... »

    Animal: « aucun, j'ai deux frères, c'est déjà pas mal. »

    Forme de l'Epouvantard: « Moi morte. Je suis certaine de passer à côté de ma vie, et j'ai terriblement peur de mourir avant d'avoir pu profiter pleinement de ma vie... »

    Matières préférées: « J'aime les cours en général. Les matières où l'on peut utiliser sa baguette, comme la défense contre les forces du mal, ou les enchantements... Rien ne vaut la pratique. »

    Matières détestées: « Les soins aux créatures magiques, par exemple. Les animaux et moi, ça fait deux. »

    Autre: //

    # Hors Jeu

    Âge: 19 ans
    Célébrité sur l'avatar: Keira Knightley
    Fréquence de connexion: le plus souvent possible.
    Comment avez vous connu le forum? Ah la bonne blague
    Code du réglement: Est ce bien la peine ?
    Un truc à rajouter: Longue vie à VE !

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Dernière édition par Eurydice I. McDermott le Lun 26 Jan - 18:01, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Eurydice Iphigénie McDermott   Mer 21 Jan - 12:17



    H. « Tu veux que je... Et qu'il... »
    E. « Pitié, fais des phrases complètes, Hyacinthe. J'te jure, des fois t'es difficile à suivre. »

    Eurydice laissa échapper un soupir qui acheva de montrer son agacement. Son frère, Hyacinthe, se laissa tomber sur la chaise libre à côté de la jeune fille, et la regarda le visage plein d'appréhensions, mille questions au bord des lèvres. Il n'était pas dur de savoir qui menait la danse, entre le frère et la soeur McDermott. Hyacinthe était têtu, arrogant, mais il manquait cruellement d'imagination. En revanche, sa soeur en avait à revendre. Aussi, tirant sur sa cigarette, elle lui lança son habituel regard blasé, comme si les interrogations de son frère étaient déplacées. Alors qu'elle s'apprêtait à reprendre la parole, un gamin fit irruption dans la pièce, hors d'haleine. Il ne prêta qu'une vague attention sur Hyacinthe, se tournant presque immédiatement vers Eurydice.

    N. « Elle est là. C'est une question de temps, à présent. »
    E. « Merci, Narcisse. Tu ferais mieux de retourner dans ta chambre. »
    N. « Non, certainement pas. Je reste. »

    Le cadet des McDermott, Narcisse de son prénom, avait un caractère bien trempé. Il était, à l'image de sa soeur aînée, doué d'une imagination sans limites, et petite terreur à ses heures perdues. Quand il disait quelque chose, il était impossible de le faire changer d'avis. Aussi, en le voyant insister pour rester, Eurydice estima inutile de lutter.
    Pendant de longues minutes, les enfants McDermott guettèrent le moindre signe d'activité. Un long silence, où l'inquiétude de chacun était palpable. Hyacinthe se rongeait les ongles nerveusement, Narcisse jouait avec ses doigts, et Eurydice fixait la bibliothèque du grand salon dans lequel ils se trouvaient avec une insistance particulière. Leur trois visages se tournèrent vers la porte dans un même mouvement, lorsqu'un cri déchira le silence. De toute évidence, madame McDermott venait de découvrir l'étrange spectacle que ses enfants lui avaient préparé. Ils s'attendaient à présent à la voir surgir d'une minute à l'autre dans la pièce, son visage défiguré par la haine, sa baguette à la main, signe de représailles. Mais les minutes passèrent, et rien ne vint.
    Les enfants McDermott finirent par se lasser d'attendre, et Narcisse en tête, ils quittèrent la pièce. Chacun rentra dans sa chambre respective, et reprit ses occupations habituelles. Eurydice tournait les pages de son roman avec une certaine impatience, et ne prenait même pas garde à ce qu'elle lisait. Son attention toute entière était occupée à écouter les bruits de la maison. Dans quelques minutes, un « plop » distinctif et le crissement du parquet, qui signalerait que leur père, Roman McDermott venait d'arriver par la cheminée.

    Vingt heure. Et toujours personne. Eurydice pensait à ses frères, aussi anxieux qu'elle, probablement. A vingt heure une, elle se redressa brusquement sur sa chaise, persuadée d'avoir entendu les signes. Sa certitude se vit bientôt confirmée.

    R. « EURYDICE ! »

    Avec cette fierté qui ne la quittait plus, l'adolescente se releva, et descendit calmement jusqu'au perron, où son père l'attendait. Il n'avait même pas prit la peine d'enlever son trench-coat, et tenait toujours dans la main cet affreux parapluie que ses enfants lui avaient offert à Noël dernier. Son visage exprimait toute la colère dont il était capable, et son teint rouge vif contraint la jeune fille a réprimer un petit rire. Elle entendit derrière elle deux portes s'ouvrir. Naturellement, ses frères ne voulaient pas râter pareil spectacle.

    R. « Cette idée ne peut venir que de toi. Comment oses tu? COMMENT ? »
    E. « Nous avons voulu faire passer un message. »
    R. « Tu sais dans quel état est ta mère? »
    E. « Au plus mal, j'espère. Ou tout ça n'aura servit à rien. »

    Le visage impassible d'Eurydice en aurait mit plus d'un mal à l'aise. Elle fixait son père sans cligner des yeux, consciente de la joute qu'elle livrait en cet instant. Ne pas craquer, c'était la consigne. Son père le savait, lui aussi. Mais il était trop en proie à la colère pour se montrer aussi imperturbable que sa fille aînée. L'adolescente vit la main de son père se crisper sur le parapluie, tandis qu'il tentait de reprendre une attitude plus mesurée.

    R. « Va dans ta chambre. Je vais appeler le docteur pour ta mère. Ton petit jeu n'amuse que toi. »
    E. « Je suppose que je suis également privée de dîner? »
    R. « En effet. Et tes frères aussi. Tâche de te faire oublier, pour une fois. »

    Eurydice, dans une dernière provocation, fit mine de s'incliner devant son père, et tourna les talons, remontant les escaliers avec légèreté. Elle entendit le parapluie de son père être posé au sol, et lorsqu'elle arriva à hauteur de ses frères, à l'étage, la voix de sa mère lui parvint comme un écho.

    A. « Ces enfants vont me tuer, Roman. »
    R. « Alceste, ils n'arrêteront pas tant que tu... »
    A. « Tais toi, Roman. Et va plutôt effacer les traces de ce que ces pourritures ont fait. »

    L'adolescente se tourna vers ses frères, un sourire au coin des lèvres. Tout était on ne peut plus parfait, ce soir. Le plan avait idéalement fonctionné. Leur mère était alitée, à bout, consciente que sa progéniture, ces pourritures, comme elle disait, ne lui céderait pas un pouce de terrain. La guerre, sous le toit des McDermott, venait de prendre une dimension nouvelle.

    N. « Estimons nous heureux, papa ne nous fait pas nettoyer... »
    H. « Une chance, en effet. Et maintenant, on fait quoi? »

    E. « On attend. »

    Trois diables étaient à l'étage. Trois sourires inquiétants, trois cerveaux en ébullition, prêts à frapper une nouvelle fois. Faire tomber Alceste McDermott de son piédestal était un enjeu auquel ils se préparaient depuis toujours. Enfin, leur objectif se précisait.
    Dans l'entrée, Roman était bien trop occupé à ramasser les petites têtes de rats ensanglantées que ses trois démons avaient disposé en cercle. Au centre, écrit en lettre de sang, le prénom de sa femme apparaissait clairement. Ce genre de choses, il y a bien longtemps qu'il les attendait. Sa femme était une mère effroyable, qui n'avait jamais prêté le moindre regard attentionné à l'un de ses enfants. Elle avait multiplié les humiliations, les privations, les remarques blessantes. Et recevait à présent la monnaie de sa pièce.

    __________________
    Eurydice était une jeune femme sûre d'elle. Cependant, les années passants, elle se sentait irrémissiblement changer. Fallait il trouver une explication à cela? Bien sûr. Quand on s'appelait Eurydice McDermott, tout devait toujours avoir une explication. Elle repensait en permanence à ce conflit familial, ces terribles représailles qui en entraînaient toujours de nouvelles. C'était ainsi qu'était rythmée sa vie. Mesquineries, vengeances, souffrances... Eurydice n'avait jamais connu autre chose. Mais voir les autres évoluer autour d'elle lui faisait prendre conscience qu'elle perdait un temps précieux en de basses attitudes. Peut être qu'elle passait à côté de sa vie, aussi dur que cela puisse être à l'avouer.

    « 17 ans, et je suis déjà morte. En surface, vous n'y verrez que du feu. Un sourire de temps à autre, un mot à votre attention, une démarche assurée. Mais remarquez mes yeux. Vous y voyez vraiment quelque chose? Ils sont vides de tout sentiments, de toute chose. Comme tout ce que vous ne verrez pas en moi. En moi, tout s'est déjà éteint. J'ai passé moins de vingt ans à vivre une vie insignifiante. C'est peut être ça, mon enfer à moi. »

    Eurydice, l'air grave comme souvent, referma le petit cahier dans lequel elle venait de gratter ces quelques phrases. Rien de bien réjouissant. Rien de bien nouveau, non plus. Eurydice était certaine qu'à l'image de son homonyme antique, elle n'était faite que pour vivre en Enfer. Son passage ici n'était qu'un détour. Affreux détour, qui la condamner à errer parmi des gens qu'elle n'appréciait que trop peu. Eurydice était douée, lorsqu'il fallait faire croire aux autres qu'ils avaient une quelconque importance à ses yeux. Certains en avait réellement, bien sûr. Ses frères. Quelques rares amis. Mais ça n'était pas suffisant pour qu'elle se sente vivante. Elle voyait défiler sa vie comme si elle en était la spectatrice. Et ce qu'elle voyait n'avait rien pour l'enchanter. Elle se sentait dans un coma permanent, et attendait désespérément qu'on la réveille.

    Était ce pour cela que son esprit, dérangé selon certains, prenait plaisir à tourmenter ceux qu'elle n'appréciait pas? Sa mère la voyait comme le diable en personne. Peut être n'avait elle pas tord. Eurydice était dangereuse, à ses heures. Elle ne reculait devant rien pour avoir ce qu'elle voulait. Peut être qu'un jour, elle irait jusqu'à tuer. Cette idée lui avait déjà effleuré l'esprit. Serait elle capable de tuer un être humain? Les McDermott étaient réputés pour être des gens étranges. Chacun extrême à sa manière, dans sa façon d'agir. Eurydice n'avait jamais su trouver ses limites, personne n'avait cru bon de lui en fixer. Il y avait bien sa mère, bien sûr, mais ses privations à répétitions n'avaient jamais été perçues comme de véritables preuves d'autorité, visant à encadrer Eurydice. Pour son propre bien, on l'avait laisser développer tout son potentiel. Grave erreur. Eurydice, à l'image des siens, était incontrôlable, à présent. Un électron libre, que rien, sinon la mort, ne serait capable d'arrêter. Une jeune fille qui se pensait libre, mais qui était tout simplement perdue, seule.

    Elle ne le réalisait pas, bien sûr, trop certaine qu'elle était maîtresse d'elle même, et des évènements qui l'entouraient. Eurydice était persuadée que ce malaise qu'elle ressentait constamment venait simplement du fait qu'elle se sentait morte. Elle ne comprenait pas qu'elle était cela et bien plus à la fois.

    Glissant son petit cahier dans une poche de sa robe de sorcier, elle releva la tête. Depuis combien de temps était elle assise là, seule? Elle regarda les élèves qui marchaient autour d'elle. Elle assise sur la dernière marche du grand escalier, les bras autour de ses genoux rabattus le long de son corps, elle les voyait passer devant elle, sans qu'aucun lui adresse un regard. Il faut dire qu'assise dans son coin d'escalier, elle était plus discrète que jamais.
    Pour une fois, elle aimait être seule, à regarder les gens passer. Chacun sa destination, personne ne prenant garde à celui qu'il croisait. Eurydice avait cette faculté de garder en mémoire chaque visage, chaque nom, bien qu'elle prétendait souvent le contraire, désirant vous laisser croire que vous n'aviez pas assez d'importance à ses yeux pour qu'elle daigne retenir votre patronyme. Mais en voyant ces jeunes gens passer sous ses yeux, elle se surprenait à pouvoir donner un prénom à presque chaque visage.

    Eurydice n'en pouvait plus, de cette vie. Sans but, une vie banale. Qu'avait elle de différents de ces élèves qui passaient devant elle? Rien, elle suivait les mêmes cours, avait les mêmes conversations, respirait le même air... Eurydice n'était qu'une jeune fille de plus dans la masse. Et c'était insupportable. Il n'y avait rien de pire que d'être banale.

    Là, sur cette dernière marche d'escalier, elle enleva ses bras autour de ses genoux, et ressorti le cahier qu'elle venait de ranger. De nouveau, elle posa sa plume sur les pages jaunies, et écrivit sans réfléchir, et sans plus prêter attention aux personnes autour d'elle.

    « Nous sommes tous dans le coma. Petite routine, petits tracas, petits bonheurs. Une vie fade, commune à des milliers d'autres. Nous dormons tous, en attendant que la vie, la vraie, ne daigne nous surprendre. J'ai vécu dix sept ans de coma. Peut être serait il temps qu'enfin je me réveille. »


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